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Les transports au cœur du conseil
le 11 juillet 2009
Pont Bacalan Bastide, tramway, LGV, la question des déplacements a tenu le haut du pavé hier matin
Avant la trêve estivale, l’ordre du jour du conseil de CUB était pour le moins plantureux. À tel point que plusieurs sujets sont passés à la trappe faute de temps ou d’envie (Arena lire ou les abattoirs). Au final, les questions de transports et des déplacements ont tenu le haut du pavé. La palme de la longueur des débats (près de deux heures) revient à la délibération portant sur le pont Bacalan-Bastide. Hier, les élus ont donné d’ultimes gages à l’Unesco mais lanceront bel et bien le chantier à l’automne prochain pour une livraison prévue en 2012. Il fut également question de tramway de ligne à grande vitesse… Tour d’horizon.
1 Tout le monde se lève pour le tram
Les habitants de l’agglomération ont été invités pendant plus d’un an à donner leur avis sur l’extension du réseau de transports en commun. Les élus ont approuvé hier le bilan de cette concertation, à l’exception de Jacques Mangon qui s’est abstenu. L’élu Communauté d’avenir de Saint-Médard, soutenu par une partie du public contre le corridor nord de la ligne D qui a jeté des tracts dans l’hémicycle, estime que cette consultation a été biaisée sur la création de cette quatrième ligne de tramway.
Que de prises de paroles sur ce dossier ! Une dizaine au moins pour réclamer le tramway, là à Villenave, ici à Talence, à Bègles, au Bouscat ou à Eysines. Hier les élus n’ont pas tranché sur les tracés. Ce sera pour cet automne. Mais de ce débat, le vice-président Gérard Chausset tire cet enseignement : « Le tramway n’est pas un instrument d’équité, c’est un mode de transport ». Il n’y en aura donc pas pour tout le monde. Réalité financière oblige.
« Mais si la question de la mobilité collective est primordiale, il faudra l’acter entre nous. Nos deux grandes priorités sont aujourd’hui les transports et l’habitat », poursuit le président Vincent Feltesse. Mais aussi de reprendre la réflexion de Pierre Hurmic sur la question de l’extension du réseau et l’étalement urbain car plus les lignes de tram s’étendent, plus elles incitent à aller habiter à moindre coût dans les villes au-delà des frontières de la CUB. « Nous devons avoir une réflexion avec le Conseil général et les villes périphériques pour avoir une articulation globale et cohérente. »
2 Budget : un débat tronqué
Vu l’heure avancée (il était près de 15 heures), le débat sur le budget supplémentaire a été expédié alors qu’il y avait matière à discussion. Le groupe Communauté d’avenir était en effet désireux d’engager une sorte de plan de relance à la bordelaise : « La CUB a 68 millions de remboursements d’emprunt, ce qui est peu comparativement à Marseille, mais on pourrait utiliser cette excellente santé financière pour des projets de rénovation comme la place Puy-Paulin, le cours Clemenceau ou les travaux de voirie autour des futures lignes du tram », confiait Alain Juppé à la presse le matin. Il a été partiellement entendu puisque Ludovic Freygefond, chargé des finances, a annoncé qu’une enveloppe de 10 millions serait consacrée aux contrats de co-développement.
L’opposition, qui avait envisagé un moment de marquer nettement sa désapprobation, s’est contentée d’une intervention du maire du Bouscat Patrick Bobet pour regretter cette absence de relance significative, tout en votant ce budget supplémentaire. Quant aux Verts, ils se demandent au contraire si des provisions suffisantes ont été faites pour pourvoir aux lourds travaux du tram, version troisième phase. Les communistes se sont abstenus.
3 LGV : L’intérêt local avant tout
Le débat sur la LGV a ceci de particulier qu’il faut moins considérer le clivage politique que local. C’est à ce titre que le maire de Villenave d’Ornon Patrick Pujol, fidèle à sa ligne de conduite, n’a pas voté la délibération, et avec lui l’autre élu villenavais Nicolas Florian, par ailleurs secrétaire départemental de l’UMP, alors que son président Alain Juppé ne cesse de défendre le dossier. Patrick Pujol est en effet opposé au tracé vers l’Espagne, avec toutes les nuisances que cela occasionne pour ses concitoyens.
Même démarche de la part des élus socialistes de la rive droite Michel Héritié (Ambarès) et Alain David (Cenon), cette fois pour la ligne Paris-Bordeaux.
Selon M. Héritié, Réseau ferré de France n’a accordé aucune garantie en matière de dédommagements et de protection phonique. Alain David parle même de « traumatisme » car 29 maisons individuelles devront être détruites, de même qu’une école primaire et une maison de quartier de Cenon, et des logements collectifs vont voir les voies de très près. Quant aux Verts, ils déplorent la recherche exclusive de la vitesse au détriment du fret, ce qui a motivé leur abstention, mais certains d’entre eux ne sont pas hostiles au TGV, preuve que les écolos ne sont guère à l’aise sur ce dossier.
Mais pour Alain Juppé, il faut veiller à ce que de nouvelles réserves ne donnent pas à l’État le prétexte de différer un investissement qui n’a que trop tardé. Vincent Feltesse est sur la même ligne, illustrant ainsi son propos : « On attend depuis plus de vingt ans, il faut passer à l’acte. Un signal positif doit être envoyé ».
Seuls les communistes ont voté contre, déplorant le désengagement de l’État au détriment des collectivités locales.
4 Une révolution culturelle en cours ?
« C’est une révolution dans le fonctionnement interne de notre maison », estime Vincent felstesse. Cette révolution répond au doux nom de « contrat de développement », on a connu plus aguicheur, mais la mesure sonne comme une avancée unanimement saluée à quelques exceptions près par les élus.
Il s’agit en effet de compiler les actions à venir pour les trois prochaines années. Une planification présentée comme un véritable progrès : « À la fois en terme de transparence et de lisibilité des engagements », poursuit-il. L’idée est d’abandonner le coup par coup et les petits arrangements de dernière minute au profit d’une véritable planification.
Les 27 communes disposent désormais d’une feuille de route sur trois ans.
Hervé Mathurin
Sud Ouest
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