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Grand-messe pour grand stade à Bordeaux
le 3 octobre 2009
ÉQUIPEMENT. Jean-Louis Triaud, des politiques et un représentant de la fédération ont débattu du projet
Il a finalement eu lieu. Initialement programmé cet été, mais repoussé à la demande d’Alain Juppé, le séminaire consacré au grand stade s’est finalement tenu hier à la CUB. En guest star, Jean-Louis Triaud, président des Girondins de Bordeaux, une pléiade de consultants et représentants de la Ligue de football professionnel et bien sûr les élus communautaires pas fâchés de débattre pour la première fois d’un projet à 230 millions d’euros.
Alain Juppé, qui porte le projet depuis le départ, a livré un plaidoyer en faveur de l’équipement qui s’inscrit dans la perspective de l’Euro 2016. « Chaban n’est pas et ne sera pas le stade moderne dont Bordeaux a besoin. Il ne figurera pas dans la liste soumise par la fédération à l’UEFA. Mais nous n’allons pas faire un stade pour une compétition d’une semaine. »
Quelques pistes ont été évoquées pour la transformation de Chaban-Delmas : rugby, athlétisme et sports amateurs… Le grand stade de 40 000 places, s’il voit le jour, sortira de terre dans le secteur de Bordeaux-Lac à proximité du Parc des expositions. Trois sites sont pressentis dans un périmètre restreint (Labarde, La Jallère) et à deux pas des antennes sportives. Mais, explique Alain Juppé : « Le facteur déclenchant sera la participation de l’État. » Il table en effet sur 50 millions d’euros de ce côté-là. La décision sera prise début novembre. Car une question était sur toutes les lèvres : qui va payer ?
100 millions pour le club
Jean-Louis Triaud, président des Girondins, après avoir vanté le club, a mis carte sur table. En l’espèce 100 millions d’euros pour le grand stade. Une annonce assortie d’un avertissement aux élus : « Vous ne les prendrez pas deux fois. Nous profitons de ce projet (l’Euro 2016, NDLR) et pas d’un autre. À la collectivité d’en profiter. Il resterait donc entre 50 et 80 millions d’euros à partager entre les collectivités dans l’hypothèse d’une réponse positive de l’État aux attentes du maire de Bordeaux.
Un représentant de la fédération a présenté les attentes de l’UEFA ; l’ancien directeur du club de Lille a également dressé un portrait de l’économie du football ; les élus rongeaient leurs freins. Évidemment, ce sont les Verts qui ont ouvert l’offensive. Gérard Chausset, vice-président de la CUB d’abord : « Je ne suis pas convaincu de la nécessité d’un grand stade. Ce n’est pas le flacon qui fait l’ivresse. Et ce n’est pas un grand stade qui nous fera garder Gourcuff ou Laurent Blanc. » Et de demander à ce que preuves soient produites sur l’impossibilité de rénover le stade Chaban-Delmas. Pierre Hurmic lui a emboîté le pas estimant « qu’il existe encore des traders dans le monde sportif », visant l’UEFA. « De toute façon, il est évident que Bordeaux n’aura pas 50 millions de l’État. Un projet mort-né. »
Vincent Feltesse, président PS de la CUB, essaiera bien de calmer le jeu expliquant que « ce n’est pas une plénière, c’est un séminaire de travail ». Alain Juppé avait alors quitté l’assemblée. Max Guichard, pour le PCF, a pointé le manque d’informations sur le dossier. Et a demandé à ce que la puissance publique garde la main sur le dossier au vu de son investissement. La proposition n’a pas suscité de franche adhésion.
Au final, cette réunion était purement informative, les opposants au projet n’ont pas changé leur religion, de même que les partisans. Vincent Feltesse a conclu estimant que « 15 millions d’euros (de particpation de la CUB, NDLR) était un effort raisonnable pour un effort structurant ». Gérard Chausset, pour les Verts, se permettra de lui couper la parole expliquant que l’adaptation du tram au grand stade coûtera 20 millions d’euros. À défaut de voir le jour, le grand stade va encore animer les débats.
Xavier Sota, Sud Ouest
photo: lejdd.fr
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